15 janvier 2005
D1. Le beau mariage que voilà
Effectivement, le lendemain...
-Hamon, il va falloir travailler pour mettre de l’argent de côté.
Tu ne gagnes pas assez en tant que vendeur de disques.
-Mais… pourquoi tu voudrais de l’argent ? On a tout ce qu’il nous faut.
Une belle maison… (un peu petite, mais bon), confortable, un bar, une télé,
un jacuzzi, une voiture. Qu’est ce qui nous manque ? J’ai beau chercher, je ne vois rien.
-J’ai rien à me mettre pour le mariage
-Le mariage ? Quel mariage ? On est invités à un mariage ?
-NOTRE mariage, Hamon Krétin. Je ne vais pas me marier en rouge.
Réfléchis un peu, voyons !
Bing ! Le satellite sur la tête
-Ah-mais, il y a maldonne, là !
Il n’a jamais été question de mariage. Juste de crac-crac.
-Hamon, ne joue pas les crétins. Quand on est fiancé c'est qu'on va se marier.
-Oui, bien sûr, je sais. Mais rien ne presse. Crac-crac d'abord, et puis, pour le mariage, on verra après.
-Ah-mais non, le mariage d'abord et crac-crac après. J'ai des principes. moi, Hamon. Je n'appartiendrai qu'à mon mari.
Je les laisse régler ça entre, eux. Moi, je n'ai fait que pousser à la roue... Si peu !
Ma Krétine vit sur un petit nuage
-Tu comptes inviter qui pour le mariage ? Moi j'ai envie de demander à Irène ou à Jeanne d'être mon témoin.
Autre chanson du côté d'Hamon
-Je ne compte inviter personne. Je ne connais personne. Personne qui serait assez fou pour vouloir être mon témoin. Il n'y aura pas de témoin, parce qu'il n'y aura pas de mariage.
Mais ce que femme veut… Ils se sont unis le lendemain. Raquel était aux anges .
-Hé, bien, tu vois, Hamon, c'était pas la peine d'en faire toute histoire,
ça c'est bien passé, ce mariage.
Je propose que nous portions un toast : A toi, à moi, à notre amour.
-A votre amour ! reprend Jeanne, l’unique témoin
-Eh bien, chéri tu ne viens pas trinquer pas avec nous ?
Hamon, tout pâlichon
-Heu, je ne sais pas ce qui m’arrive. Je ne me sens pas très bien, tout à coup

Raquel a une explication.
-C’est le remord chéri. Tu aurais dû inviter tes amis.
Une fête sans amis, ce n’est pas une vraie fête.
Houla, c’est vrai que ça n’a pas l’air d’aller.
-Heu…, non je ne crois pas que ce soit ça. Je me sens vraiment mal. Très-très mal, même. Je crois qu’il vaut mieux appeler le médecin.
Pas la peine ! A croire qu’il guette le client, le voilà qui tombe du ciel comme une fiente de moineau.
-On m’appelle ? Me voilà ! Oooh-mais ça n’a pas l’air d’aller bien fort, dites-moi.
Il est psychologue, le docteur, il a repéré ça tout de suite.
-Je vois ce que c’est : vous me faites une petite dépression post mariage.
Je parie que vous êtes d’aspiration amour. J’ai raison ? J’ai TOUJOURS raison !
Allez, on va arranger ça. Regardez fixement ce machin.
Oui, ce machin qui tourne, vous le voyez ? Ne le quittez pas du regard.
Mon Krétin fait ce qu’on lui ordonne, il n’a pas le cœur à discuter.

-Vous vous sentez mieux, à présent ?
-Oui… non… enfin, oui. Mais je n’irai pas jusqu’à dire que je me sens bien.
-C’est normal. Tout ce qu’il y a de plus normal. Vous avez subi un choc émotionnel profond. On ne s’en remet pas comme ça. Vous aurez d’autres symptômes. N’hésitez pas à faire appel à moi en cas de besoin.
-Ah, merci, docteur, je me sens soulagé, si vous dites que c’est normal... Vous allez rire, mais pendant un instant, je me suis pris pour une poule.
.
-Normal, je vous dis. Allez, je vous laisse, continuez à vous amuser.
C’est votre mariage, après tout.
Raquel commence à s’impatienter
-Hamon, tu viens ? J’ai commandé une limousine, elle attend devant la maison. Qu’est ce que tu fais encore ?
Ben-oui, Krétin, lâche cette assiette et ce balai-éponge et va rejoindre Raquel dans la limousine. Ca rime à quoi, cette comédie ? Surtout que tu nous l’avais planquée dans ton chapeau, cette crainte. J’avais vérifié, tu peux me croire.
A-t-on idée de se mettre dans des états pareils pour une crainte que tu n’avais pas.
16 janvier 2005
D2. Bébé dans l'air
Ils ont dû renoncer au voyage de noces. Hamon ne voulait aller nulle part. Il ne voulait rien faire.
Juste se remettre de son mariage.
Le lendemain, Hamon a ressorti son assiette et son balai éponge. Il fait peine à voir, promenant une tête de zombie déjanté. Seule son assiette parvient à lui arracher un rictus. Il désire toujours faire crac-crac, on va lui en donner l'occasion.
Hé, Hamon, Raquel se détend sur le lit. Qu'est ce que tu attends, pour la rejoindre, mon Krétin ?
-Moi ???
Oui, toi ! Qui d’autre ? Rha, ça va pas mieux, la tête !
Hou, qu'il est content, le Krétin !
Elle lui a demandé s'il était disposé à faire crac-crac. Il ne se le fait pas dire deux fois. Epuisé, mais heureux, il a retrouvé ses esprits, sa joie de vivre et sa bonne humeur. Quand je te le disais Hamon Krétin, qu'il y avait des avantages au mariage. Faut pas être pessimiste comme ça, mon gars. Tu as tout pour être heureux maintenant.
Il ne manque plus qu'un bébé pour que votre bonheur soit complet.
Les jours suivants, Raquel se lève plusieurs fois par nuit pour aller aux toilettes ou casser la croûte…
Va vomir tous les matins dans la cuvette des WC, au grand dam de mon Krétin.
-Mais tu ne fais que ça, ma parole.
Tu devrais consulter, c’est pas normal, je te dis.
Je mange la même chose que toi, et moi, je suis pas malade.
Si t’es pas malade, mon Krétin,
tu pourrais nettoyer la cuvette avant de t’en servir. C’est dégoûtant !
Il trouve le moyen de répliquer
-Je vois pas pourquoi je nettoierais. C’est pas moi qui l’ai salie.
Non, mais c’est toi qui t'es assis dessus.
Au bout de trois jours, Raquel reçoit par téléphone, la confirmation de sa grossesse. Pour le moment, il ne faut pas trop lui en demander. Elle est toujours fatiguée mais le bébé profite bien, si on en juge par son ventre qui s'arrondit de jour en jour.Elle se confie à Françoise Taré. C’est pas ce qu’elle a de mieux à faire, je vous le concède.
-J’espère qu’Hamon sera un bon père. Il ne parle jamais au bébé.
-Mais… il te caresse le ventre des fois, quand même ?
-JAMAIS ! On dirait que ma grossesse ne lui fait ni fou-ni fa.
Françoise saute sur l’occasion pour lui débiner son mari.
-Ma pauvre Raquel. Mais tu t’attendais à quoi, aussi ? C’est un cœur d’artichaut ton Hamon, il ne pense qu’à draguer les filles. Tiens, moi, si j’avais voulu…
La pauvre Raquel est effondrée.
-Alors tu crois que ???
Ca sent le gaz ! HAMON KRETIN, tu vas me faire le plaisir de t’occuper de Raquel, et plus vite que ça !
-Mais… je m’en occupe, on fait crac-crac.
Ca ne suffit pas, cherche quelque chose qui lui fasse plaisir à elle.
Tiens, elle a faim, va lui préparer quelque chose de bon.
Hamon décide de lui préparer des crêpes Suzette, pour changer de l’omelette.
Il les arrose copieusement, ne lésinant pas sur la gnôle.
Hamon Krétin, n’oublie pas qu’elle est enceinte, l’alcool, c’est pas trop indiqué.
Cause toujours, il vide la bouteille jusqu’à la dernière goutte.
-Ah-ah, et maintenant, attention les yeux !
Il me fait peur avec son allumette.
-Et alors ? Elles sont pas belles mes crêpes ? Qui c’est le champion ?
C’est toi, Krétin. Mais t’as pris des risques.
La prochaine fois, contente-toi d’un gâteau au chocolat, c’est moins dangereux.
Pour s’occuper pendant sa grossesse, Raquel s’est mise à la peinture.
Je lui ai offert ce chevalet, parce qu’elle avait besoin d’un point de créativité pour sa carrière, mais mon Krétin, lui se sent une âme d’artiste.
-Qu’est ce que tu peins, Raquel ?
-Rien de bien, je barbouille.
-Moi, je t’en ferai un beau tableau, si tu veux. Tu veux que je fasse ton portrait ?
-Tu sais faire ça ? s’étonne Raquel
-Un peu, que je sais, qu’est ce que tu crois !
-Oh, Hamon, tu es formidable. Quelle chance j’ai d’avoir un mari comme toi.
Je le dirais pas si vite, avec zéro point de créativité, à mon avis, il rêve.
Voilà le résultat, après des heures d’efforts.
J’aurais dû parier, ça ne ressemble pas du tout à Raquel.
Ca vaut tout juste 2 $ au vide-grenier.
Mais il est fier de lui, le Krétin.
17 janvier 2005
D3. Quand un Krétin nait
Raquel a toujours dans l’idée de faire de nouvelles rencontres, mais sa grossesse la cloue à la maison. Elle en profite pour copiner avec Lucie Duval, la bonne. Pendant ce temps, la bonne ne fait pas son boulot et ma Krétine est obligée de se coltiner le nettoyage à sa place. Remarquez, ça lui plaît bien, il n’y a jamais besoin de demander, elle fait ça d’elle-même.
Le quartier n’est pas sûr. Vous voyez ce nouvel habitant ? Photographiez-le bien. Il rôde avec des airs de voleur de nains de jardin, en prenant bien soin de regarder autour de lui s’il est repéré.
Mais mes krétins, n’ont pas de nain de jardin. Ils n’en ont jamais réclamés, et je n’allais pas leur en imposer, quand même. Alors, il se rabat sur le journal. Bon, on ne va pas en faire un drame. On en a déjà vu, des miséreux qui consultaient les offres d’emploi dans le journal de leur voisin.
Seulement, celui-la, il se tire avec. Et ma pauvre Raquel dont le désir à long terme était de devenir Ultra-Sim, qui cherchait son journal partout depuis qu’elle était en congé de maternité.
Enfin, un matin, à l’aube, alors qu’Hamon se reposait encore de sa dure journée de la veille, Raquel ressentit les premières contractions.
-Hamon, HAMON ! Je crois que je vais accoucher.
Tu crois, ma Krétine, ou tu en es sûre ? Faudrait pas le réveiller pour rien.
-J’en suis certaine. Hamon, HAMON !! HAAAAAhmon !
Ben tu nous l’avais encore cachée, cette peur de devenir papa, Hamon Krétin. Ton bonheur fait plaisir à voir.
Où comptes-tu aller comme ça mon Krétin ?
-Je veux pas voir ça. Je vais continuer ma nuit sur le canapé.
Le bébé, c’est pas mon affaire. Raquel s’en occupera très bien.
Mais ma Krétine proteste
-Pas question, Hamon Krétin. Si tu ne veux pas t’en occuper, je ne m’en occuperai pas non plus. Je le pose là, tu en feras ce que tu voudras, moi je vais danser, maintenant.
-T’entends ça, Fonsine ? Elle va danser. Qu’est ce qu’on va devenir avec ce bébé ?
Vous allez vous débrouiller. Arrangez-vous entre vous, c’est votre bébé, pas le mien.
- On le met où ? On en fait quoi ?
Il finit par prendre une décision tout seul, comme un grand
-On ne peut pas le laisser par-terre. Je vais le porter.
Et tu comptes le porter comme ça jusqu’à quand, Hamon Krétin ? Je ne vois nulle part que vous désiriez un lit de bébé. Mais je suis trop bonne, je vais quand même lui aménager une chambre, à ce petit. Que deviendriez-vous sans moi, mes Krétins ?
Quentin Krétin a fait son apparition, la vie des parents s’en trouve bouleversée.
-Il a peut-être faim ? Qu’est ce que t’en penses Fonsine ?
Je ne pense rien. Débrouillez-vous.
-Sadique ! Bon, je lui donne le biberon.
C’est ça. Donne-lui le biberon. Je sens qu’il va être bien gavé.
Tu fais quoi, là, Hamon Krétin ?
-Tu le vois bien, je porte le bébé.
Depuis une heure ! Quand tu seras fatigué, tu feras signe.
Ah, tout de même ! Il a fini par trouver le chemin qui mène au lit.
-Il est mignon, ce bébé.T’as vu, Fonsine, il a mes yeux, il me ressemble.
Bon, je vois que tu te remets du choc. Mais... c’est quoi, cette odeur infecte ? Ca n’a pas l’air de venir du bébé.
HAMON KRETIN, va prendre ta douche !
23 décembre 2005
D4. Le dur métier de parents
Il ne faut pas se plaindre Raquel et Hamon sont de bons parents. Ils n’ont jamais oublié de nourrir Quentin. Ni de jeter le biberon par-terre, d’ailleurs. Autant ils sont maniaques pour la propreté du plan de travail, autant ça ne les gêne pas de voir pourrir les biberons dans toutes les pièces de la maison.
Mais il a fallu leur apprendre qu’un bébé, ça a parfois besoin d’autre chose que de téter et d’être porté.
-Pourquoi tu pleures, mon chéri ? Pourquoi tu pleures ? Fonsine, il pleure, je sais pas quoi faire.
Je lui dis, ou je la laisse mourir crétine ?
Allez, je lui dis : Raquel Krétine, si tu essayais de le laver ? L’évier est derrière toi.
-Ca a l’air de marcher, il ne pleure plus.
Bien sûr que ça marche, Raquel Krétine, il n’y a qu’Hamon pour se plaire dans sa crasse. Tu aimerais mariner dans ta couche, toi ?
Maintenant qu’Hamon a pris goût à la paternité, c’est la bagarre à qui sera le prem’ pour porter le bébé.
Porter le bébé, ils ne pensent qu’à ça.
-Rha, encore perdu ! Fonsine, dis-lui de me le laisser, c’est mon bébé, à moi aussi. Pourquoi c’est toujours elle qui le porte ?
Raquel m’ôte le pain de la bouche
-Parce que je suis plus rapide que toi. J’ai des heures de gym dans les mollets, moi, tandis que toi… C’est un ramollo, ton papa, tu sais Quentin. Tu seras un sportif, toi aussi. Hein, mon bébé ? Qu’il est mignon ! Gouzi-gouzi, arrheu, arrheu ! Dis arrheu, Quentin, dis arrheu...
Oui, c'est bien crétin, mais elle a des excuses, c'est une jeune maman !
Hamon en tire les conclusions qui s’imposent
-Alors si je comprends bien, pour pouvoir porter mon fils, faut que je m’entraîne au Marathon. Tu me le laisseras jamais.
Raquel, sois sympa, laisse-lui le bébé de temps en temps. Il ne demande qu’à bien faire, le pauvre.
-Ok. T’auras qu’à le porter la nuit. Moi, les biberons de nuit, ça me tue. Ca te va comme arrangement ?
-Beuh ! Moi aussi ça me tue les biberons de nuit.
RAQUEL ! C’est quoi cet arrangement qui n’arrange que toi ? Hamon est plein de bonne volonté, tu peux bien lui laisser le bébé. Je te rappelle que sans lui, il serait encore par-terre.
-Ouais, bon. Tu pourras lui changer sa couche, si tu veux.
-Ah, merci, c’est trop gentil, et je pourrai le nourrir aussi ?
-Si tu veux. C’est souvent revenu les biberons.
-Merci, merci, merci Raquel, tu es vraiment sympa quand tu veux. Et... la maternité te va bien.
-Ca veut dire quoi, ça Hamon : la maternité te va bien ?
-Ooooh, Hamon. Ca faisait longtemps que tu ne m’avais pas fait de compliment. Alors, comme ça, je te plais toujours ?
-Plus que jamais. Surtout que je suis un peu sur ma faim niveau crac-crac.
-S’il n’y a que ça, ça peut s’arranger.
Ah, ben voilà un arrangement qui arrange tout le monde. C’est pas si compliqué la vie à deux.
24 décembre 2005
D5. Papa gâteau

Réconciliés sur l’oreiller, mes Krétins ont fini par se partager équitablement les rôles.
De nuit comme de jour, c’était à qui se précipiterait dans la chambre du bébé au moindre vagissement. Raquel, magnanime, s’arrangeait pour laisser Hamon être le premier… quelquefois.
Bref, ils étaient bien occupés. Il faut dire que ce bébé, j’y tenais presque autant qu’eux, alors, les laisser faire ce qu’ils voulaient, c’était trop m’en demander. Jamais je ne leur ai tenu la bride aussi serrée. Pas de lambinerie sur le canapé, pas de verre au bar, rien que de l’utile et du pas agréable.
...comme de changer le bébé. Ca, ils ne l’ont jamais fait d’eux-mêmes, préférant lui faire prendre des bains.
Mais un matin, Raquel a ré-attaqué
-Hamon, tu devrais demander de l’augmentation. On va devoir déménager, ça devient trop petit ici. Où on va mettre le piano, la guitare, la basse et la batterie ?
Hamon, interloqué
-La batt… tu comptes monter un orchestre ?
-Non, mais…. Fonsine, dis-lui, toi !. Hein, que tous les enfants rêvent d’une guitare, d’une basse, d’une batterie et d’un piano, en grandissant ?
TOUS les enfants, je ne crois pas. Mais les enfants Sim, ça se pourrait bien. Surtout s’ils sont moitié aussi crétins que leur parents.
-Ah, tu vois bien. J’avais raison.
Et moi, j’avais pas tort.


















































