20 janvier 2006
1. La galère chez Grantorgueil
Le challenge du parent célibataire
Cette chronique est basée sur un challenge proposé par Aria sur le Forum des Sims.
Merci à Esse, qui m'a permis de le découvrir.
Ce n’était qu’un cauchemar. Un horrible cauchemar. De ceux qui vous tirent sans ménagement du sommeil et vous laissent pantelant, la gorge passée au papier de verre et les jambes en coton.
J’allais me rendormir, chassant ces idées noires comme une mouche importune, quand des cris impérieux me confrontèrent à la dure réalité : Ce n’était pas un cauchemar.
Corentin réclamait son biberon. J’étais épuisé, crasseux comme un peigne et au bord de la déprime, mais je ne pouvais y échapper. Les services sociaux avaient déjà menacé de me retirer la garde des enfants.
-Soyez raisonnable, monsieur Grantorgueil, trois enfants en bas âge, vous ne pourrez pas les élever seul. Ils seraient mieux à l’orphelinat. Vous les récupèrerez quand ils auront grandi.
Jamais !
Jamais je n’accepterais de perdre la garde de mes enfants. Je l’avais gagnée et bien gagnée ! Leur mère… mais une femme acceptant de jouer au poker son bien le plus précieux mérite-t-elle le nom de mère ? avait menacé :
-Matthias, je n’en peux plus, trois enfants, c’est épouvantable. Epouse-moi ou je les fourre à l’assistance publique.
L’épouser ! Une femme en proie au démon du jeu, qui passait ses nuits dans les tripots. C’était hors de question.
-Tu ne peux pas faire ça ! avais-je tonné
-Tu verras, si je ne peux pas. Tu ne crois tout de même pas que je vais traîner ces boulets toute seule. Tu es leur père ! C’est trop facile de passer en coup de vent pour les voir pendant que je me tape les couches et les biberons. Tu n’as qu’à prendre tes responsabilités.
C’est alors que j’avais eu cette idée, que je trouvais géniale
-Je te les joue au poker.
Je savais qu’elle ne saurait pas résister. Elle avait joué, elle avait perdu et j'étais allé récupérer mes trois enfants : la brune Sharon, la blonde Cyrielle et mon fils Corentin.
Je n'étais pas peu fier en leur montrant le bungalow où ils allaient vivre avec moi.
-Les enfants, voilà votre maison. Notre maison ! Vous verrez comme vous y serez heureux avec votre papa.
Heureux ? Au terme d'une journée de galère, je commençais à en douter sérieusement. Leur mère s'était contentée de les nourrir et de les porter à tour de rôle. Elle n'avait jamais pris le temps de faire leur éducation. Résultat : ils faisaient encore dans leurs couches, ne savaient ni parler ni marcher, ni s'occuper tout seuls.
Entre les couches, les bains, les biberons et les câlins auxquels ils étaient habitués je n'avais pas eu le temps de souffler.J'avais carburé à l'expresso, je sentais le putois, et je manquai de mourir d'inhanition devant le frigo.
En avalant une boite de repas instantané, mon seul repas de la journée, je réfléchissais.
Et le fruit mes réflexions n'avait rien de rose.
Dans quelle galère m'étais-je embarqué ?
Si seulement j'avais de l'argent, j'aurais engagé une gouvernante comme chez mes parents. Mais, il y a longtemps que j'avais coupé les ponts avec eux. On acceptait mal chez les Grantorgueil, que je tire mes revenus du jeu. Considéré comme la brebis galeuse de la famille, j'avais été déshérité.
Il me restait bien, quelques 5 000 $ sur un livret, auxquels je m'étais promis de ne pas toucher, mais obligation fait loi.
A défaut de gouvernante, je résolus de faire appel au bureau de placement en quête d'une nounou payée à l'heure.
Karine Gaast eut vite fait de jauger l'état des lieux : des biberons à moisir partout, des couches dans tous les coins cernées de tasses de café vides, les bambins braillant à qui mieux-mieux... mon lot quotidien.
-Ah-ben, c'est pas le travail qui manque ici ! On ne serait pas trop de deux pour y arriver. Vous devriez embaucher une bonne, toute seule, je n'y arriverai jamais.
Une bonne, pardi ! Et comment je la payerais la bonne ? Déjà, qu'une nounou presque à plein temps allait me coûter les yeux de la tête. Je ne suis pas un Grantorgueil pour rien. L'éducation, ça laisse des traces, et je n'aurais pour rien au monde étalé mes petites misères devant le personnel.
-Je suis en vacances, j'ai donné congé à la bonne. Mais ne vous en faites pas,je vous donnerai un coup de main, assurai-je.
M'arrachant à grand peine de la chaise où je tentais de récupérer un semblant d'énergie, je me mis en devoir d'apprendre le pot aux petits.
Si déjà,ils pouvaient éviter de faire dans leur couche, ce serait autant de gagné.
Sauf, qu'il aurait fallu qu'ils y mettent du leur, aussi. Sharon refusait obstinément le pot, réclamant une histoire à cor et à cri. Comme si j'avais la tête à lui lire une histoire !
2. De pire en pire
Impossible d'échapper au bain. Il y avait bien une table à langer, mais "une", justement, ce n'était pas suffisant. Karelle la monopolysait.
J'étais à la torture. Mon estomac réclamait, lui aussi. Mais quand trouver le temps de préparer quelque chose ? Les bambins récupéraient dix fois plus vite que moi.
-Vous savez, il faut prendre le temps de jouer et de parler avec vos enfants, me conseilla Karine, en terminant le grand récurage de la maison.
Si je le savais... bien sûr que je le savais ! Mais quand ? Les conseils dans ce genre là, merci, je m'en passe. Si elle connaissait la solution, j'étais preneur.
Karine avait bien travaillé. Elle était partie en laissant la maison nickel, les enfants propres, repus et endormis. J'avais mis la main sur une perle.
Mais il aurait fallu l'avoir à demeure. Sitôt partie, j'eus à peine le temps d'avaler un gratin de macaronis, c'était reparti pour le marathon.
Je n'y arriverais jamais. Les services sociaux, qui m'avaient à l'oeil, me rappelaient sans cesse à l'ordre.
-Corentin n'a que la peau sur les os, donnez-lui à manger, et vite ! Quelle honte de délaisser ses enfants à ce point là.
Le lendemain, j'appelai Karine dès l'aube.
-Vous avez bien dormi ? demanda-t-elle.
Comme si la question se posait. Il n'y avait qu'à jeter un oeil sur le nombre de tasses de café qui m'environnaient. J'avais dormi, oui. Mais si peu, que ça ne valait pas le coup d'en parler.
Tandis qu'elle se remettait courageusement au travail, donnant le bain à Corentin, Cyrielle s'ingéniait à ruiner nos efforts environnementaux en pataugeant dans la cuvette des WC.
J'en profitais pour avaler une pâtisserie fourrée. Ce qu'il y a de bien avec les pâtisseries fourrées, c'est que le surgelé ne demande pas de préparation, direct du four dans l'assiette.
De toutes manières, quand elle aurait fini de patauger, la relève était assurée.
Jouer avec l'eau des toilettes, c'était tout ce que leur mère leur avait enseigné. Dès qu'on avait le dos tourné, ils s'y relayaient.
Si bien qu'il n'y avait pas moyen d'accéder à la cuvette et les petits paquets malodorants, quand les trésors avaient accepté de les déposer dans le pot, commençaient à s'entasser dans la salle de bain.
Ah, elles étaient loin, les illusions du premier jour, quand j'avais décidé d'enseigner la marche à Cyrielle.
"Attends de pouvoir acheter du lait futé, ça ira plus vite" me soufflait ma nature optimiste.
Seulement, le lait futé, encore faut-il pouvoir s'en procurer. J'avais bien ma petite idée sur la méthode : aller en ville, draguer la première fille venue, et ça aurait suffit à mon bonheur. Mais allez draguer, quand vous traînez trois morpions à vos basques. J'avais dû en faire mon deuil, et celui du lait futé par la même occasion.
Comble de bonheur, karine menaçait de me laisser tomber.
-Vous deviez m'aider, mais vous ne faites pas grand chose pour. A 10 $ de l'heure, je ne suis pas censée faire le ménage, la cuisine et m'occuper des enfants. Ma mère ne m'a fait que deux bras.
Si je voulais la conserver, il fallait l'amadouer. Je lui offris un pourboire royal : 25 $.
-Karine, un dernier effort, je vous en supplie. Bientôt les enfants grandiront, vous aurez bien moins de travail.
Je m'apprêtais à passer la nuit la plus longue de ma vie. Celle qui verrait pointer à l'horizon, le jour de ma délivrance.
Si seulement ces sacrés gamins avaient pu acquérir au moins une des trois fonctions de base, j'aurais su m'en contenter.
En attendant, les rares moments de pause que je pouvais savourer, en me shootant au café, je les devais aux jeux éducatifs.
Et si seulement ils avaient accepté de coopérer ! Mais rien à faire. Une fois sur deux, Corentin et Sharon refusaient obstinément de rester sur le pot.
Seule Cyrielle y mettait de la bonne volonté. Malheureusement, ce serait insuffisant. Le temps commençait à presser et sans lait futé...
N'ayant ni la force, ni le temps de me cuisiner quoique ce soit, je fis appel à la pizzeria. Ce qui me permit de faire connaissance avec Leïla, la livreuse.
Ce n'est pas pour me vanter, mais j'ai toujours eu un certain succès auprès des femmes. Malgré mon état de délabrement, ou peut-être à cause de lui,par pitié, elle se montra très aimable avec moi.
Je tenais peut-être la solution.
Il ne servait à rien de se prendre la tête à deux mains. Le problème se situait ailleurs. Le problème, c'était cette maison, ces mômes pleurnichards qui pompaient ma substance vitale.
Ailleurs, c'était un autre monde. Un monde où l'homme n'était pas une machine à préparer des biberons ou à vider des pots.
Ce qu'il me fallait, c'était une bonne bouffée d'oxygène.
Aussi, quand Karine réapparut le lendemain, avais-je pris ma décision. Comment n'y avais pas pensé plus tôt ?
-Karine, vous voudrez bien m'excuser. Je dois aller en ville acheter des médicaments pour les petits. Je ne serai pas long.
Avant qu'elle n'ait eu le temps de protester, je sautai dans le taxi qui me menait vers mon rendez-vous.
3. Matthias s'en sort... mais pas sans mal
Je tins parole. J'emballai Leïla vite-fait et rentrai à la maison d'une humeur dont j'avais oublié jusqu'à l'existence. J'eus le temps de préparer deux biberons de lait futé, pas trois ! Il fallait en profiter pendant que les premiers faisaient de l'effet et que je tenais encore debout.
Quelle ne fut pas ma joie quand apparut le pot enchanteur au-dessus de la tête de Cyrielle.
Une de sauvée !
Un petit somme pour récupérer, et je m'attaquai à Sharon. Elle me procura la seconde satisfaction de la journée. Quant à Corentin, tant pis pour le pot. Il me réclamait des chatouilles, il voulait des câlins. J'allais lui en donner dussai-je m'écrouler après.
Les retombées bénéfiques du rendez-vous n'avaient pas été suffisantes pour que je puisse m'offrir l'énergiseur qui m'aurait permis de survivre. Entre lui et le lait futé, j'avais fait mon choix.
La loque qui nettoyait la salle de bain n'avait plus rien d'humaine quand des cris de joie retentirent dans le séjour.
Shanon venait de passer brillamment de l'état de bambine à gamine.
Merci le pot !
Pas le temps de récupérer, c'était au tour de Corentin. Lui aussi avait, par miracle, passé l'épreuve sans traumatisme.
Je n'en dirai pas autant de moi.
Plus qu'une, et j'allais pouvoir dormir. Dormir enfin tout mon saoul, en me reposant sur Karine pour assurer la survie de ma tribu. Je ne me faisais pas trop de soucis pour Cyrielle, si Corentin avait réussi, elle ne pouvait faire moins.
J'aurais pu les féliciter, d'avoir su conserver leur joie de vivre dans ce gâchis. Je n'y ai même pas songé. Il ne fallait pas trop m'en demander. Je m'écroulai sur mon lit au bord de l'évanouissement.
Points de la période bambins :
Cyrielle : 3 points de créativité : 0,75
1 points de charisme : 0,25
a bien grandi : 0,50
Shanon : 1 points de créativité : 0,25
3 points de charisme : 0,75
3 point de logique : 0,75
a bien grandi : o,50
Corentin : 1 point de créativité : 0,25
3 points de logique : 0,75
1 points de charisme : 0,25
a bien grandi : 0,50
Total 5,50 pts
Le plus dur était fait. Du moins, je l'espérais. Je me mis en quête d'un travail, je voulais que mes enfants soient fiers de moi, et joueur de poker ne me semblait pas adapté à mon statut de père de famille.
Je fus embauché en tant qu'agent de sécurité. Les horaires me convenaient : 20 h - 2 h, j'allais avoir mes matinées et une partie de l'après-midi pour recoller mes morceaux.
Les enfants allèrent à l'école publique. cyrielle, d'un tempérament plutôt calme, avait montré très tôt des dispositions pour les arts. Elle se débrouillait plutôt bien en peinture. Et sa fierté n'eut d'égale que la mienne lorsqu'elle fut sollicitée pour faire partie de l'orchestre de l'école.
Sharon et Corentin, étaient plus remuants. Plus sales aussi. S'ils avaient cessé de jouer avec l'eau des wc, leur grand plaisir à présent, consistait à sauter dans les flaques dont ils inondaient la salle de bain après chacune de leurs douches.
Avec ma première paye, j'achetai une télévision zappant sournoisement sur Miam Tv, à la moindre occasion afin qu'ils ne meurent pas idiots devant les dessins animés.
Grâce à quoi, Corentin reçut une prime en préparant des cookies à l'école.
Mes dernières économies étaient passées dans l'achat de deux lits jumeaux pour les filles, Corentin partageant le mien, et d'un bureau qu'ils dédaignaient, préférant déposer leurs cahiers sur le pas de la porte. Je me battais pour les obliger à s'y asseoir, faisant valoir qu'ils seraient mieux installés pour travailler. Au retour de leur premier jour d'école, les filles ont sollicité mon aide pour leurs devoirs, Corentin préférant se débrouiller seul.
J'appréciai cette initiative, qui n'allait, hélas, pas durer.
Enfin, le bungalow commençait à ressembler à autre chose qu'un champ de bataille.
J'exigeai de mes enfants qu'ils nettoient ce qu'ils salissaient. La plupart du temps, ils passaient la serpillière dans la salle d'eau, et ils commençaient à manier le balai-brosse comme des chefs.
Non sans rouspétance.
-Pourquoi on n'a pas de bonne ? Tout le monde a une bonne sauf nous.
Je me tuais à leur expliquer que c'était pour leur bien.
-C'est l'école de la vie, les enfants. La fainéantise n'a jamais nourri son homme. En vous demandant de nettoyer vos saletés, je vous rends service, vous m'en remercierez plus tard.
Ils n'en semblaient pas convaincus.
Puis commença le grand défilé des copains de classe. Corentin avait fait de Jérôme Leblanc, le fils des voisins, son meilleur ami. Il était souvent fourré à la maison et s'entendait à peu près bien avec les filles qui, elles aussi, souhaitaient devenir ses amies.Ce qui n'allait pas sans créer de chicaneries.
-Papa, elles font rien qu'à nous embêter, on ne peut pas jouer tranquilles.
Je me voyais contraint de jouer les gendarmes.
-Laissez les garçons jouer entre eux ! Vous ne pouvez pas avoir vos propres amis ? Vous devez bien avoir des copines de classe, vous aussi.
Elles finirent par m'entendre, et Mathilde fit son apparition dans notre vie.
Une amie pour deux, ce n'était pas encore le rêve, mais c'était un début.
Même si la vie avait repris des couleurs presque normales, il m'arriva encore d'être épuisé. Trois enfants à nourrir, à éduquer, à aider, ce n'était pas de tout repos.
En rentrant du travail, je m'écroulais parfois à côté de la voiture, une petite folie que je m'étais offerte avec une prime de 5 000 $ qui m'avait été octroyée pour avoir signalé à la police les agissements d'un suspect. Il s'avéra que ce suspect appartenait à une bande organisée dans le recel d'ordinateurs volés.
Nous ne vivions pas dans le luxe, loin de là. Mais nous ne manquions de rien.
De rien ? Côté sentimental, c'était le désert. On a beau se montrer un père attentionné et responsable, on n'en est pas moins homme. Et moi, qui avais pour habitude de butiner de fleur en fleur, je commençais à trouver le désert pesant.
Ramener une conquête à la maison, en présence de mes enfants, me paraîssait relever de l'inconscience. Aussi, quand le corps réclamait, mettais-je un frein à ses ardeurs par des séances de gymnastique devant la télé. Je peux vous garantir que ça calme !
Et puis, dans la police, mieux vaut conserver une bonne condition physique.
J'espérais une promotion et j'allais m'y employer.
31 janvier 2006
4. Heureusement, les enfants grandissent
Après le cauchemard des premières années, cette période de la tendre enfance me fit l'effet d'un hâvre de paix. Les enfants grandissaient bien.
Corentin, toujours féru de cuisine, se régalait de brioches qu'il cuisinait lui-même sur une petite gazinière jouet, heureusement garantie contre tous risques d'incendie.
Oui, heureusement, parce que si Corentin se débrouillait assez bien en cuisine, je n'en dirai pas autant des filles.
Je ne compte pas le nombre de fois où elles auraient pu périr dans un incendie en voulant, elles aussi cuisiner des brioches.
Elles criaient à l'injustice
-Pourquoi c'est toujours Corentin qui a le droit de faire la cuisine ? La cuisine, c'est un jeu de filles.
C'est fou comme les idées reçues se véhiculent même au sein des familles les moins sectaires.
Ca avait le don de me mettre en rogne, moi qui ne faisais aucune différence entre jeux de filles et jeux de garçons.
Il y avait des jeux, point final.
Cyrielle se rabattait sur le chevalet. Elle était devenue une véritable experte et son instituteur criait au miracle, la qualifiant de Mozart de la peinture.
Il s'était même fait fort de vendre quelques-unes de ses toiles, et je dois avouer que je ne crachais pas sur cette manne inespérée.
Ses talents, commentés par le téléphone arabe, commençaient à être connus. Et je vis débarquer un jour l'un des hommes les plus influents de la ville :
M. Rapat-Sité en personne, qui demandait si Cyrielle ne voudrait pas faire son portrait, promettant en contrepartie d'intercéder en ma faveur afin que j'obtienne des promotions.
C'est ainsi que je me suis retrouvé bombardé sous officier.
Le défilé des amis des enfants ne connaissait pas de fin. Amis d'un jour, ou amis fidèles, comme Zabelle la fille de nos voisins et soeur de l'ami de Corentin.
Elle s'entendait à merveille avec mes deux filles. De mon côté, j'appréhendais un peu cette amitié. Les voisins menaient grand train et je craignais qu'à leur contact mes enfants ne finissent par me demander la lune.
A défaut de lune, ils m'ont tout de même réclamé un télescope, et Corentin pouvait rester pendant des heures l'oeil vissé sur la lunette.
Mes enfants étaient de bons élèves, je me montrais intraitable sur les devoirs. J'avais pour eux de grandes ambitions. Ils ne perdraient pas leur temps comme je l'avais fait moi-même, à courir les salles de jeu, ils auraient des métiers sérieux et bien rémunérés.
Nounou Cécile était chargée de leur faire réciter leurs leçons. Ce dont elle s'acquittait fort bien.
J'avais placé la barre très haute, leur ayant déclaré que je ne serai satisfait que lorsqu'ils auraient 20/20 de moyenne.
Dans le cas contraire, il était inutile de venir me déranger quand je me lançais dans les révisions, ayant décidé de suivre des cours du soir pour rattraper des études qui avaient couru plus vite que moi.
Cyrielle fut la première à m'annoncer la bonne nouvelle.
Le même jour, Corentin m'annonçait également qu'il venait d'obtenir son premier 20/20.
Aussi fier d'eux que je puisse l'être, ma joie aurait été incomplète si Sharon était restée à la traîne.
Aussi, m'inquiétai-je de ne pas la voir descendre du car en brandissant son carnet de notes.
-Et Sharon ?
Je m'étais inquiété à tort. Elle avait simplement pris le temps de jouer avec son amie Zabelle avant de venir elle aussi m'informer de ses résultats. Je les congratulai de mon mieux, et j'avoue que j'aurais pu faire mieux.
-Puisque vous êtes arrivés en haut de l'échelle, tâchez d'y rester.
Ce qu'ils firent.
A mon grand regret, bien que reconnaissant pour l'aide qu'elle m'avait apportée, j'ai été contraint de me séparer de Cécile Gaast.
Je l'avais surprise à voler nos simflouzes.
02 février 2006
5. L'histoire se répète
J'étais bien conscient que mes enfants allaient grandir.
Je ne voulais rien oublier des évènements qui avaient marqué notre vie depuis le jour, à présent lointain, où je leur avais présenté mon bungalow en leur affirmant qu'ils y connaîtraient le bonheur.
Aussi avai-je pris l'habitude de noter au jour le jour chaque détail dans un journal intime.
J'ignorais que mon expérience pourrait servir à quelqu'un d'autre, et pourtant, un jour, juste quand nous nous apprêtions à fêter les anniversaires en toute simplicité...
-Papa, téléphone pour toi !
Qui pouvait bien appeler à cette heure là ?
-Matthias, c'est Jean-Eudes De Grantorgueil, j'ai besoin de ton aide, mon vieux.
Jean-Eudes ! Le petit Jean-Eudes, le fils de mon cousin Charles-Edouard. Quand j'avais été mis au ban de la famille, il faisait encore dans ses couches.Que pouvait-il bien me vouloir après tant d'années, le cher cousin "De" Grantorgueil ?
-Je t'écoute, que puis-je pour toi ?
-Il m'arrive une chose incroyable, c'est inimaginable, pour tout dire dément !
Je rongeai mon frein pour ne pas lui ordonner d'aller droit au but.
-Je suis toute ouïe. Je t'écoute.
-Eh bien, figure-toi que... je suis dans la même situation que toi, mon vieux.
-La même sit... tu veux dire qu'ils t'ont viré toi aussi ?
-Heu, non, enfin, pas vraiment. Non, je parle des enfants, de mes trois enfants.
Je n'y comprenais rien.
-Ecoute, "mon vieux", tu n'es pas dans la même situation que moi, tu as de l'argent, une femme, trois enfants dont j'apprends aujourd'hui l'existence, la belle affaire ! Je ne vois pas en quoi je pourrais t'être utile. Il dut sentir que je m'apprêtais à raccrocher car il m'implora
-Matthias, je t'en supplie, écoute ce que j'ai à te dire.
-Marie-Isabelle est partie. Elle m'a plaqué, mon vieux !
C'était trop drôle, le mariage du siècle qui s'était étalé en première page du quotidien local, qui se terminait en eau de boudin. Je ravalai un sourire béat qui, s'il avait pu le voir, l'aurait éclairé sur mon état d'esprit.
-Elle avait un amant ?
-Même pas. Tout est de ma faute. Figure-toi nous étions invités à un coktail chez Rapat-Sité, l'industriel, tu as dû en entendre parler.
Je haussai les épaules. Qui à Simcity, ne connaissait pas Rapat-Sité ? Interprêtant mon silence à son idée, il poursuivit
-Bon, ce n'est pas important. Au beau milieu de la soirée, une femme débarque et se plante devant moi et me colle deux bambins dans les jambes en déclarant
-Voilà, Gao et Mia, vos enfants, monsieur le comte.
-Tu la connaissais ?
-Bien sûr. C'était une domestique avec qui j'avais eu une aventure passagère. Un coup de folie. Nous nous en étions séparés quand elle nous avait annoncé sa grossesse. Je croyais ne plus en entendre parler.
-Et tu savais que tu étais le père du gosse ?
-Je m'en doutais... mais qui peut en être certain ?
-Tu l'es davantage aujourd'hui ?
-Elle m'a lancé à la figure le résultat d'une recherche en paternité.
Marie-Isabelle l'a lue. Elle en a fait un drame, et elle est partie, me laissant Pierre-Marie.
-Tu veux dire que... toi aussi, tu te retrouves avec trois bambins !
Il avait raison de dire que c'était incroyable. Moi-même, j'avais du mal à y croire.
-Mon vieux, j'ai besoin de conseils. Je ne sais pas comment m'y prendre. Ton expérience pourrait me servir.
Ca c'était la meilleure ! M'avait-il jamais tendu la main quand je traversais la période la plus noire de ma vie ? M'avait-il seulement fait l'aumône d'un coup de téléphone pour prendre de mes nouvelles. Et d'ailleurs, comment était-il au courant ?
-Tu savais pour mes trois enfants ?
-Hum, j'en avais vaguement entendu parler, les bruits vont vite à Simcity. Rapat-Sité m'a dit que tu t'en étais bien tiré. Il paraît qu'une de tes filles est une véritable artiste.
Je coupai court au cirage de pompes.
-Tu es où actuellement ?
-Rapat-Sité m'a offert l'hospitalité. Il me prête la maison du gardien. Tu comprends, pour tout le monde, nous sommes partis nous installer à l'étranger.Il est hors de question que mon infortune s'étale la presse à scandales.
C'était du Grantorgueil tout craché.
-Je n'ai qu'un conseil à te donner : prends soin de toi et bon courage ! lui lançai-je avant de raccrocher.
Les enfants trépignaient d'impatience, c'était l'heure des anniversaires. Corentin fut le premier à franchir le seuil de l'adolescence. Comme il ne rêvait que de faire ses devoirs et que je lui avais offert la veille le télescope qu'il me réclamait à cors et à cris, je ne fus pas autrement surpris de le voir grandir en platine.
Sharon lui emboîta le pas. Elle aussi avait bien grandi mais contrairement à son frère qui avait choisi de se consacrer aux études, elle opta pour la famille.
Tous les regards étaient à présent braqués sur Cyrielle, ma douce Cyrielle. Une merveille ! Elle ressemblait à sa mère, physiquement, tout du moins. Et c'était ce que sa mère pouvait lui léguer de mieux. Cyrielle ne surprit personne en déclarant qu'elle souhaitait être populaire avant tout. Elle avait toujours su faire preuve de diplomatie dans les querelles qui éclataient de temps en temps entre Sharon et Corentin.
Points enfants :
Cyrielle maitrise la barre de créativité : 2 pts
a bien grandi= 1/2 Pt
4 2O/20= 1Pt
1 ami = 1/2 Pt
Shanon : 4 20/20= 1Pt
a bien grandi= 1/2 Pt
3 amis= 1Pt1/2
Corentin 4 20/20= 1Pt
a bien grandi= 1/2 Pt
2 amis= 1Pt
TOTAL : 9,5
TOTAUX Cumulés bambins + enfants = 15
23 mars 2006
6. Un nouveau départ
Quand je repense aujourd'hui à cette période de ma vie, je dois avouer que je suis plutôt fier de moi.
Sans être une partie de rigolade, l'éducation des gamins m'avait posé bien moins de problèmes que leur petite enfance.
J'avais progressé dans ma carrière et gagnais suffisamment bien ma vie à présent pour envisager de quitter ce bungalow, témoin de mes années de galère.
Nous emménageâmes dans un pavillon moderne, loin de la banlieue populaire où je m'étais fixé après mon éviction de la famille. Mon père, aurait bien trouvé que cette maison n'avait rien de sensationnel,à côté de son hôtel particulier, mais elle faisait ma fierté et celle de mes enfants. Trois chambres, deux salles de bain, une cuisine américaine et un salon clair et agréable, qu'aurions-nous pu rêver de mieux ?
Je liai assez rapidement connaissance avec la factrice. Une blondinette pas très fûtée mais fort bavarde.
-Grantorgueil... J'ai sur ma tournée, un Jean-Eudes De Grantorgueil, vous ne seriez pas de famille ? me demanda-t-elle en guise de présentation.
-C'est un vague cousin. Un cousin éloigné, très éloigné, m'empressai-je de préciser. Elle ne fit aucune remarque sur la particule que j'avais abandonnée le jour où j'avais été mis au ban de cette famille de snobinards bourrés de tunes.
-Le pauvre, il a bien du mérite avec ses trois enfants... vous les connaissez ? Je coupai court aux confidences
-Non, je ne les connais ni ne veux les connaître et vous m'obligeriez en ne me parlant pas de ses problèmes. Chacun sa croix !
Les enfants, les miens, s'acclimatèrent très rapidement et commencèrent à se faire de nouveaux amis. Après le défilé des copains de classe, je m'attendais à voir celui des petits copains, et j'aurais été surpris qu'il n'y en ait pas toute une armée.
Mais j'étais formel : Les études d'abord !
De ce côté là, je n'eus pas à me plaindre. Mes enfants étaient pétris de bons principes et ne manquaient pas d'ambition.
C'est ainsi que je voyais d'un bon oeil arriver leur nouvelle amie : Irène Lamy. Avec elle, aucun souci, elles pouvaient rester des heures entières à parler devoirs et université. Irène comptait bien s'y inscrire et elle suscita le même désir chez mes enfants. Je ne pouvais que les encourager dans cette voie.
Hélas, on ne choisit pas les attirances de ses enfants. Et s'il y en avait un que j'aurais bien aimé sortir de chez moi par la peau des fesses, c'était bien le nouvel ami de Sharon. Je l'avais surnommé "le bellâtre". Tout en lui me déplaisait. Sa coupe de cheveux, ses lunettes noires qu'il ne quittait jamais, et surtout, surtout cet air supérieur qu'il prenait quand il parlait des filles. A l'entendre, elles étaient toutes folles de lui.
Toutes, je ne sais pas, mais Sharon, c'était évident. J'avais eu beau la mettre en garde contre les petits dragueurs de cette espèce, elle n'avait rien voulu entendre.
-Je l'aime papa, et il m'aime aussi. Bien sûr, il a une réputation de coureur, mais avec moi, il changera.
Comme si on pouvait changer la nature !
Je prédisais à Sharon des lendemains qui déchantent et rien ne me mettait plus en colère que de les voir se bécoter sans pudeur devant la maison.Je serrais les dents, et espérais que le temps se chargerait de lui ouvrir les yeux. Je les connais bien, les petits dragueurs de ce genre, un jour ou l'autre il ne pourrait s'empêcher d'aller voir ailleurs, et connaissant le tempérament de ma fille, je me doutais que ce jour là, elle ne le supporterait pas.
Enfin, l'important c'était que Sharon ne perde pas de vue ses études. Et ça, je me faisais fort de le lui rappeler. Quand je jugeais que les séances de bécotage avaient assez duré, je prenais une voix de miel pour mettre poliment le bellâtre à la porte.
-Mon petit Gérald, vos parents vont s'inquiéter, vous avez vu l'heure ?
Au bout de quelques semaines, il avait compris la leçon et demandait à partir de lui-même.
Avec Corentin, nul besoin de rappel à l'ordre. Il ne pensait qu'à étudier et à faire ses devoirs. Je m'inquiétais même un peu de le voir si sage. Et les filles ? Il n'y pensait donc jamais ?
Je me posais à peu près la même question avec Cyrielle, mais elle, c'était les garçons qui ne semblaient la laisser indifférente. Entre Sharon qui avait sauté sur le premier venu et Cyrielle qui ne ramenait aucun copain à la maison, il n'y avait pas de juste mesure.
Je décidai qu'il était urgent de lui en parler
-Cyrielle, tu es ravissante, et je ne te vois jamais avec un garçon , tu peux m'expliquer pourquoi ?
-Je ne te vois jamais avec une femme non plus, papa ! C'est signe que l'amour, ce n'est pas ce qu'il y a de plus important dans la vie. J'ai décidé de faire comme toi, voilà tout.
C'était donc ça ! Moi qui avais toujours pris soin de cacher mes aventures à mes enfants, ils en avaient déduit que j'étais un eunuque, pas moins ! Il était urgent qu'ils soient confrontés à la réalité des choses. Je cherchai dans mon répertoire personnel, la femme que j'allais leur présenter. Je n'avais que l'embarras du choix. Enfin, c'était ce que je croyais. A y regarder de plus près, une seule me sembla digne d'eux. Je voulais une fille sérieuse, travailleuse, ayant le respect des valeurs familiales. Et là, le choix se résumait à une.
Parmi toutes mes conquêtes je ne voyais que Chléa Molette.
Chléa avait été surprise par mon appel. Je lui avais si souvent répété qu'il ne fallait pas que mes enfants la voient, quand elle venait me rendre visite, qu'elle sembla tomber des nues.
-Hé-bien Matthias ! Tu n'as plus honte de moi à présent ?
-Mais je n'ai jamais eu honte de toi Chléa. Je pensais que mes enfants supporteraient mal de voir une autre femme que leur mère à la maison, mais je me trompais.N'est ce pas Cyrielle ?
Cyrielle, qui essayait de se faire aussi discrète que possible, approuva.
-Nous ignorions que papa avait une amie, mais nous sommes ravis de faire votre connaissance.
A dater de ce jour, Chléa prit place dans notre vie et dans mon lit. Le seul problème, c'est qu'elle rêvait d'avoir un enfant à elle.
-Epouse-moi Matthias, si tu m'aimes, pourquoi ne veux-tu pas m'épouser ?
Allez donc lui faire comprendre que le seul mot de "mariage" me donnait des sueurs froides. Je tâchais de repousser l'échéance.
-Quand les enfants seront partis Chléa, promis, j'y penserai. J'avais réussi à les élever seul jusque là, je ne voulais partager cela avec personne.
Et puis un jour, j'eus une désagréable surprise : Quelqu'un pressait la sonnette avec insistance, et j'aurais eu peine à reconnaître cette femme à la quarantaine bien conservée, si elle n'avait tellement ressemblé à Cyrielle.
-Matthias, c'est moi ! Je suis venue reprendre mes enfants Quinze ans après ! Elle ne manquait pas d'audace et je ne me privai pas de le lui faire remarquer.
-TES enfants ? Tu te souviens que tu as des enfants ? Tu te souviens aussi que tu les as joué au poker, et que tu les as définitivement perdus ?
-Ca a été la plus grosse erreur de ma vie, tu ne peux pas imaginer à quel point ils ont pu me manquer. A chacun de leurs anniversaires j'ai vécu un véritable calvaire.
-Pas au point de leur donner de tes nouvelles, tout de même, soulignai-je. Et qu'est ce qui peut te laisser supposer qu'ils voudraient partir avec toi ?
-Matthias, je suis leur mère !
La belle raison !
Elle avait très bien calculé, son arrivée coïncidait avec le retour du bus scolaire. Mais elle ignorait que les enfants travaillaient après l'école.
-Bonjour Cyrielle, je suis ta maman, dit-elle s'adressant à une amie de lycée de Sharon. Un bon point pour elle, elle se souvenait que Cyrielle était blonde
-Il doit y avoir erreur, madame, mon nom à moi, c'est Mélanie, et je crois assez bien connaître ma mère pour savoir que ce n'est pas vous ! Rébecca me lança un regard incrédule
-Ce n'est pas Cyrielle ? Je jubilais,
-Tu ne connais pas ta propre fille ?
Elle m'implora
-Matthias, ne sois pas si cruel, j'aurais juré... mais il y a si longtemps. Laisse-moi au moins me présenter, tu n'as pas le droit de les priver de leur mère éternellement
-C'est toi qui me parles de droits ? Où étais-tu quand j'ai sué sang et eau pour les élever ? Où étais-tu ? Tu peux me le dire ? Attablée pour une partie de poker, ton vice et ta seule passion !
-J'ai changé, Matthias, je te jure que j'ai bien changé. Laisse-moi une chance. Si mes enfants ne veulent pas me voir, je repartirai comme je suis venue et tu n'entendras plus parler de moi, m'assura-t-elle.
-Ca aussi, tu peux me le jurer ? Je ne courais pas de gros risques, mes enfants avaient trop souffert de son absence pour accepter de passer l'éponge. Aussi la conviai-je à partager mon repas en attendant qu'ils rentrent du travail.
Sharon arriva la première, claironnant qu'elle avait atteint le sommet de sa carrière d'ado et qu'elle passait aux yeux de ses collègues policiers pour un véritable petit génie (le bug des souvenirs m'a privée des uniformes et des primes !)
Karine quitta précipitamment la table
-Félicitations Sharon, j'ai toujours su que tu étais un petit génie !
-Vous me connaissez, madame ? s'étonna Sharon, me lançant un regard interrogateur. Vous êtes une amie de mon père ? ajouta-t-elle, car je détournai les yeux, me contentant de fixer mon assiette. Il n'était pas dans mes intentions de lui faciliter la tâche.
-Sharon, ma chérie, je suis ta mère ! Le mot était lâché.
-Vous dites que vous êtes ma... mère ? Elle chercha encore à croiser un regard que je lui refusai obstinément
-Papa ! C'est vrai ? C'est ma mère ?
Karine tendit les bras, prête à l'enlacer
-Oui, ma chérie, c'est bien moi !
-NE ME TOUCHEZ PAS ! Hurla Sharon. Vous n'êtes pas ma mère ! Ma mère est morte il y a quinze ans ! Rébecca m'interpella d'un ton chargé de reproches
-C'est ce que tu leur as dit Matthias ? Tu leur a fait croire que j'étais morte ?
-Il n'a pas eu besoin de nous le dire ! Notre mère est morte un peu plus à chacun de nos anniversaires, quand nous espérions en vain, un mot, un geste venant d'elle. Notre mère est morte quand nous sommes tombés malades et qu'elle n'était pas à notre chevet. Notre mère, nous l'avons enterrée ! Elle prit une voix suppliante avant de courir s'enfermer dans sa chambre en prenant soin de faire claquer la porte
-Papa, je t'en supplie, dis-lui de partir !
-Bien joué Matthias ! Tu as gagné, encore une fois ! cracha Karine en se dirigeant vers la porte. Je la retins sans conviction
-Tu n'attends pas de voir les autres ?
-A quoi bon ? Quinze ans que tu as commencé ton petit travail de sape. J'arrive trop tard. Elle arrivait 15 ans trop tard !












































































